cOLOR BLIND OU COLOR TRAP?
Par Dr. Patrick Lynes
Les idéologues de la Critical Race Theory qualifient ceux et celles qui affirment considérer avant tout les personnes peu importe la couleur de leur peau de « color-blind » (daltoniens). Selon leur grille idéologique, ces derniers seraient inconsciemment des racistes car ils ne réaliseraient pas les privilèges qui viennent avec leur blanchité, lesquels peuvent être oppressants pour les Noirs. Cette perception reflète une incompréhension de la perspective humanisme de l’anti racisme. Les personnes qui y adhèrent ne sont pas aveugles. Elles voient bien que l’individu auquel ils s’adressent présente une pigmentation différente de la leur. Seulement, pour eux la couleur de la peau ne définit pas l’essence de cet individu mais constitue une ses diverses composantes.
Ainsi tout en voyant bien qu’ils sont en présence d’un individu à la peau ébène, ils sont en mesure d’apprécier la qualité de son discours ou sa créativité ou certaines de ses habiletés entre autres exemples. Ils sont aussi sensibles au fait que certains Noirs ont eu à affronter plusieurs injustices au cours de leurs vie du seul fait de la couleur de leur peau. Pour les humanistes, aller à la rencontre d’une personne, d’un autre que soi, c’est être à l’écoute de ce qui le particularise avec son histoire, sa culture, ses idées, ses sentiments, en incluant ce que sa race a pu contribuer à édifier l’être unique qui le constitue. S’il est abusif d’expéditivement qualifier de « color-blind » ceux et celles qui adhèrent à une conception humaniste de la non-discrimination, il y a lieu de se demander si l’idéologie de la Critical Race Theory qui réduit les individus à la seule couleur de leur peau, ne s’enliserait pas dans ce que nous pourrions qualifier de « color trap » soit dans une impasse relationnelle stigmatisante aussi bien pour les Blancs que pour les Noirs.